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26
Déc
09

Nolife, insert coin(s)

Début 2007, peut-être avez-vous découvert comme moi, un immense sourire au lèvre, le projet Nolife et son teasing de la mort. Peut-être avez-vous eu une érection en apprenant que c’était la société Pocket Shami qui portait cette initiative. Peut-être avez-vous fréquenté le forum Fulllife en guettant les informations qui parvenaient au compte-goutte. Peut-être faites vous partie de ces âmes damnées qui ont suivi, de loin, comme des pestiférés, le lancement légendaire de la chaîne et sa progression, car n’ayant pas le bonheur de remplir les conditions requises pour la recevoir (pas dégroupé, par exemple… -_-).

Vous savez donc probablement que, depuis quelques temps, ils ont eu la bonne idée de proposer un abonnement en ligne, qui permet à tout un chacun d’accéder aux contenus créés par la chaîne, directement sur leur site, en streaming HQ. L’abonnement est tout bonnement monstrueux, car il ouvre l’accès à plus de 500 vidéos en abonnement standard, et 2200 vidéos si vous prenez l’option archives. Le tout sur un site bien foutu, avec un player agréable (c’est pas du dailymotion…) et une bande passante excellente.

La qualité du contenu est indiscutable. Si, comme moi, vous êtes allergique à Davy et ses potes, que vous n’aimez pas NerdZ, soyez sans craintes, il y a des tonnes et des tonnes de trucs de fous dans cette caverne d’ali baba que sont les archives de la chaîne. Des conférences, des reportages tous plus passionnants et originaux les uns que les autres, des émissions de fous (Hall of Shame !!!), du retrogaming à foison, des trucs 18+ (hin hin hin), pleins de superplays à vous péter les rétines (le stupidplay d’Erhune est mythique !), la série NOOB, et bien sûr, toutes les émissions habituelles, les news, les tests, …

Voilà, tout ça accessible instantanément pour quelques euros, payables aussi bien par paypal que par SMS. C’est deux fois moins cher qu’une place de cinéma, et vous en avez pour un mois de glande devant votre PC.
Si je fais leur publicité, c’est parce que j’adore leur trip, la passion et l’énergie qu’ils mettent dedans pour nous offrir tant d’heures de programmes bien mieux foutus que ce qu’on balance sur les grandes chaînes. Ils ont une vraie identité, une démarche authentique, ils se démarquent radicalement du reste et nous prennent pas pour des moutons infantiles. Si on veut que ça continue, il faut souscrire. Si on laisse mourir la chaîne, ce sera une vraie perte, et ça en dira long sur l’état d’esprit de la communauté geek francophone.


Autant je suis pour le téléchargement libre. Autant quand je vois que des gens se donnent du mal pour créer quelque chose qui m’enthousiasme, à un prix plus que raisonnable, bah je met la main à la poche. C’est la conception de la culture que je défends : celle où créateur et spectateur entretiennent des liens étroits, se parlent honnêtement, se nourrissent et s’influencent l’un-l’autre dans une relation symbiotique fertile. Les gars de Nolife ont réussi à aménager un petit espace de liberté et de convivialité, loin des logiques industrielles et du matraquage marketing. A nous de participer, dès maintenant, à sa pérennité et son développement.

42, les amis. 42.

Et puis merde, ils ont sortis la musique de Gunbuster là. L’heure est grave !

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03
Août
09

Nolife

unhappy

Voir brandir comme une insulte, sur la toile geek francophone, le fait d’être nolife, m’insupporte au plus haut point. S’éloigner des canons du siècle, se noyer dans une étude, dans la lecture, dans le jeux vidéo, dans le visionnage de films et d’animés, dans un monde imaginaire, à une époque où vivre normalement signifie se détruire, est-ce si incohérent et méprisable ? On voit trop souvent des gens larguer des sentences aussi définitives que superficielles, tel que « donnez-vous un coup de pieds au cul » ou « sortez prendre l’air ».

Mais sortir pourquoi ? Sortir voir qui ? Que reste-t-il à vivre ? Quel espace nos parents nous ont-ils laisser pour exister, au milieu de la dictature de l’homme sur l’homme, en pleine refondation du monde par les conglomérats industriels ? L’ordre économique, la domination de la valeur argent, au-delà même de celle de la vie, balaye de son vent corrupteur toute tentative désintéressé d’être au monde, toute volonté d’arriver à un bonheur qui ne soit pas pur égoïsme.

Qui suis-je, qui sommes nous, pour refuser aux gens l’asile de leur chambre ? Qu’avons-nous de mieux à leur offrir ? Il n’est rien, aucun haut lieu culturel, aucune belle idée, aucune poésie, qui ne soit désormais enterrée loin sous les déchets de la modernité. Sitôt qu’ une oeuvre ou qu’un mot, est reconnu et accepté par l’assemblée des post-humains -que nous nous acharnons à appeler société-, il est aussitôt dénaturé, renversé, bouleversé, vidé de son sens et de sa beauté, de son impact et de sa force. Bientôt, après avoir subit ce mystérieux traitement, il ne reste plus que de la soupe intellectuelle, de la bouillie bien-pensante, que nos médias se feront une joie de dégueuler à l’infini en nos consciences lessivées.

Toute tentative de communication est viciée par les relents polluants de nos machines-nourrices.  Les hommes n’ont plus de langage véritable, de moyen d’exprimer avec conviction le fond de leur pensée, car l’art, cet ultime tentative pour toucher l’autre, a également subit l’odieux formatage industriel. Coincés au sein de la matrice globalisée, enfermés dans nos bulles de protections mentales, nous perdons de vue, chaque jour un peu plus, la flamme qui nous anima dans nos primes années, et qui nous fit trouver la vie si simple et désirable.

Aussi, s’isoler, se cacher, devenir invisible au monde, demeure le moyen le plus sûr de refabriquer un bout de pensée originale, non souillée, signifiante.  La solitude voulue et cultivée devient le seul point de départ envisageable pour une nouvelle aventure humaine, le seul ancrage possible pour nous débarquer enfin de l’utopie progressiste, qui sombre inexorablement. Notre imagination a besoin de respirer loin des émanations des moteurs, pour nous faire voir un peu de lumière. Et notre cœur doit trouver à battre sur un rythme enfin humain, qui n’est pas celui des pistons, pour alimenter la force créatrice qui nous habite. Ce n’est qu’en s’éloignant du monde que nous pouvons découvrir les joies et merveilles que les murs nous cachent. Ce n’est qu’en refusant les normes aliénantes que nous pourront découvrir une manière meilleure de créer et partager, de faire société.

L’appellation de nolife me semble, à moi, très usurpée. Qui a le moins de vie, de celui qui sacrifie prestiges et richesses afin de se réchauffer à la chaleur de son âme d’enfant, ou de l’autre qui piétine ses rêves pour mieux épouser la façon convenue et générale de se réduire à l’état de robot, de zombie sans destin ? Ou serait-ce que l’on évalue désormais la réussite d’une vie au nombre de soirées et de personnes rencontrées, au chiffre qu’indique les relevés de comptes ?

La passion créatrice de l’homme est sa meilleure arme contre l’ennui et le cortège de tentations sécuritaires, qui sont les muses diaboliques de nos contemporains. Il n’est pas désirable de se couper tout à fait des autres, mais moins désirable encore de se perdre dans un conformisme qui oriente nos vie vers le non-sens total, vers le chaos idéologique qui est l’ordre moderne.

alone