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Economie sans homme

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Notre passion immodérée pour les mondes inexistants et les délires post-modernes qu’enfantent nos imaginaires malades ne nous préservent pas des contingences biologiques et psychologiques communes à notre espèce. Nous éprouvons la sensation de faim et de soif, de fatigue, d’insécurité et d’inconfort. Bref, il nous faut, pour vivre, une situation relativement stable, un revenu pour alimenter cette stabilité, un travail pour produire ce revenu.

Aussi, depuis quelques temps déjà, me suis-je lancé dans le monde professionnel, comme un vautour sur sa proie, comme un gueux avide de quelques miettes, comme un nolife qui va faire sa corvée de frigo quotidienne. Courageusement, je me lève chaque matin avec la conscience que ma journée sera, une nouvelle fois, dédiée à l’accomplissement de tâches objectivement futiles mais financièrement nécessaires. Au bureau, donc, je passe mes jours devant un écran, activité à laquelle je m’adonnait habituellement chez moi, mais de manière non rémunérée. Il est admis que s’abrutir au travail est positif, mais que le faire dans l’intimité est méprisable, car c’est le lieu-entreprise, qui valorise une activité, lui donne du crédit, plutôt que son utilité réelle. Et cette vérité se décline au sein-même de l’entreprise : s’abrutir dans un petit bureau est moins prestigieux et moins rémunérateur, que s’abrutir dans un grand bureau, d’où différences hiérarchiques.

Mécanique de l’aliénation

Le travail aujourd’hui idolâtré, le travail pour lequel on nous somme de conditionner nos existences, pour lequel il est convenu d’abandonner toute mesure, n’est rien d’autre qu’une tâche mécanique et ennuyeuse. Qu’on soit OS (pas one shot, Ouvrier spécialisé), cadre, ou « créatif » (catégorie dans laquelle j’ai du m’insérer), la finalité de notre mission est la même : le crasse et absurde impératif de croissance. Et les méthodes pour y parvenir ne sont pas moins uniformes : plus de ventes, plus de marges, plus de performance. La qualité, comme le savoir faire, comme la dignité de l’homme et la valeur inestimable de son existence, comme le plus élémentaire bon sens, n’ont plus leur place dans les stratégies manageriales.
Nous devenons, peu à peu, des robots, au sens véritable du terme, au sens où l’entendait Asimov. Le mot, issue des langues slaves, signifie esclave ou travailleur dévoué. Il désigne aujourd’hui, pour reprendre l’Oracle Wikipedia,

« un dispositif mécanique accomplissant automatiquement des tâches généralement considérées comme dangereuses, pénibles, répétitives ou impossibles pour les humains ou dans un but d’efficacité supérieure ».

chaplin_mod_times1_smLa mention qui exclue l’humanité de la définition ne doit pas nous faire oublier que l’idée même d’humanité est actuellement profondément remise en question, tant du point de vue éthique que philosophique, voir biologique. Autrement dit, l’économie nouvelle, et les lubies techno-scientistes qu’elle véhicule, soumet les hommes à un traitement aliénant, susceptible, par des manipulations mentales, comportementales et physiques, de modifier sa nature propre. Peu à peu, à force de formatages et de traitements pharmaceutiques, nous abandonnons ce qui nous rend hommes (la conscience de notre mort prochaine, l’usage de nos sens, la recherche du vrai et du beau, la culture de la nature, la vie en société), pour nous enfermer dans un rôle nouveau : celui de travailleur dévoué, obsédé par l’accomplissement de sa tâche et par sa quête de reconnaissance.

Cette idée aide à comprendre la vague de suicides en entreprise, elle-même précédée depuis longtemps d’un tsunami de dépressions chroniques et de crises de nerfs. Elle explique aussi les déclarations d’employés licenciés, sur le mode : « ma vie n’a plus de sens ». La feuille de paye n’est pas un simple bulletin comptable, une facture, mais l’évaluation en argent de notre valeur en tant que robot. Nous en priver revient à nous ôter toute estime de soi, toute dignité, toute finalité. L’entreprise n’a pas besoin d’hommes, ces créatures qui ne tolèrent ni l’enfermement, ni le nihilisme, ni la monotonie, mais d’automates capables de supporter un rythme exponentiel de répétition, de production.

Aussi, pour ceux qui, comme moi, n’envisagent le travail que sous l’angle strictement pratique, et non pas existentiel, la vie en entreprise ressemble à une plongée infernale dans une fiction orwellienne. Et le poids des conventions, exacerbé par la proximité et les pressions manageriales incessantes, fait vaciller les certitudes. Finalement, est-il bien raisonnable de refuser de s’impliquer émotionnellement dans son travail, au point d’en souffrir dans sa chair ? Est-il convenable de ne pas endurer la pression psychologique inhérente aux contraintes impossibles, humainement, à surmonter, et qui sont le lot de tous les salariés ? Est-il normal d’être encore un homme, dans une chaîne de production entièrement technicisé ?

Comme s’il y avait besoin d’en rajouter, je suis atteint de jeunesse, une maladie grave dans le monde de l’entreprise française. Cette peste me met d’office au salaire minimum et à la quarantaine. Je suis rémunéré au SMIC pour un travail (maketing) que des sociétés indépendantes feraient payer des dizaines de milliers d’euros. On me place dans un coin du bureau des secrétaires. Et bien sûr, on ne m’adresse la parole que pour demander si je suis dans les temps. Je sens d’ailleurs que je suis sensé m’estimer heureux : contrairement à la plupart des gens de mon âge, je ne dois pas travailler bénévolement et je ne suis pas au chômage.

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La vie anti moderne

Plutôt que de laisser cet inéluctable processus d’aliénation me torturer davantage, j’aspire à un ouvrage simple, où l’on attend rien de moi, ou si peu, et où je puis m’assurer d’être étranger à toute forme de responsabilité professionnelle. Je suis un looser, au sens marketing du terme, car je refuse de me perdre dans les victoires de mon entreprise. Aux autres la gloire des grands chiffres et des beaux CV, à moi la juste subsistance et la liberté de penser. Je fais mienne l’absence d’ambitions socio-professionnelles des personnages de Kevin Smith (Clerks) ou d’Edgar Wright (Spaced), parce que je n’ai besoin que d’un toit et d’une connexion internet. Je ne cherche du travail que quand j’arrive au bout de mes réserves. Je ne veux pas me mettre en couple, parce que les relations hommes-femmes sont scénarisées, sources d’angoisses et qu’elles exigent qu’on travail davantage. Je me contente de lire, de me cultiver, d’écrire, de jouer. Je mange peu, boit peu, sort pas, et j’achète mes fringues dans les supermarché.

J’apprends, en écrivant ce billet, qu’il y a un mot, au Japon, pour désigner cet état d’esprit : herbivore. Plusieurs caractéristiques définissent cette nouvelle étiquette sociologique (apparue en 2006 sous la plume de Maki Fukasawa), les plus importantes étant l’absence d’ambition professionnelle, une consommation réduite au minimum, ainsi qu’un désintérêt total pour les relations de couple. On aurait tendance à appeler cela de la résignation, ou de la faiblesse, quand il s’agit davantage, selon moi, de résistance culturelle et philosophique contre l’ère du temps.

Je suis un herbivore, l’anti-thèse du winner d’aujourd’hui, du requin, du carnivore agressif dressé en école de commerce pour marcher sur la gueule des autres. Je n’éprouve pas le besoin de me battre pour réussir et m’approprier le gâteau. La plus petite part a le meilleur goût, parce qu’elle ne prive pas mon voisin, parce qu’elle n’ a pas l’acidité de la culpabilité ni l’arrière goût de la honte. La plus petite part a la saveur de la simplicité et de la juste mesure, et elle comble celui qui sait l’apprécier, de bien meilleure façon que les portions gargantuesques qu’on nous apprend à envier, contre toute raison. Et quel intérêt a la vie de couple, si elle implique toujours davantage de travail, de frénésie, d’accumulation ? Si fonder un foyer doit se faire au détriment de ma liberté, de mon loisir, de mes passions et d’une certaine tranquillité quotidienne, alors je m’en passerai bien.

J’ai vu nombre de mes amis, au collège, au lycée et durant mes études, dépendants aux anti-dépresseurs, à l’alcool ou au shit, faire des tentatives de suicides ou finir en hôpital psychiatrique. Ce n’était pas des marginaux, au contraire : la plupart étaient des personnes intelligentes et cultivées, qui avaient d’excellents parcours, mais ne supportaient plus le cynisme auquel on les confrontaient. Je refuse cet ordre malsain, qui correspond à une certaine vision des choses commune aux générations précédantes : la vie doit être dure. On doit crever au travail, manquer de sommeil, avoir peur du lendemain, être en constant manque de temps, sacrifier l’essentiel, pour être reconnu et admiré comme un « travailleur ». Celui qui quitte un instant cet état de stress intense est aussitôt placardé comme un imposteur et un tire-au-flanc illégitime. Aussi, dans les entreprises, rivalise-t-on de superlatifs et d’effets de scène pour persuader qu’on est au maximum, qu’on est débordé, qu’on est « mort ». « Stresse un peu ! Soit plus agressif !« , répète mon père depuis quinze ans. Ça ne m’intéresse pas.

Ce monde économique, ce monde qui n’est qu’économie, peut bien plonger dans la faillite la plus noire. Sa faillite humaine est, elle, depuis longtemps déclarée.

maletre

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13 Responses to “Economie sans homme”


  1. septembre 26, 2009 à 06:04

    A la base, je devais faire une école de commerce pour compléter mes études. J’aurais fait ensuite un boulot fortement rémunérateur, mais j’ai réfléchi, fait une petite dépression, et j’ai fini par me dire que ce monde de requin, où seul le plus méchant et le plus fayot gagne, n’était pas pour moi. Même si je ne compte pas dédié ma vie à ma travail – ce n’est pas une finalité, juste un moyen de financer ma véritable vie : celle de geek – je n’ai rien contre travailler beaucoup ; mais dans le monde de l’entreprise, le travail seul n’assure pas la réussite, ce que je trouve illogique et dommageable (travailler plus ne signifie donc absolument pas gagner plus). Après mûre réflexion, j’ai choisi une voie où je pourrais me contenter de faire mumuse avec des éprouvettes, c’est encore ce qui me convient le mieux.

    J’assume totalement le fait d’être un herbivore – je connaissais le terme – dans un monde qui ne voit que la réussite professionnelle et familiale. J’ai d’autres choses passionnantes à faire en dehors de mon travail sans lui consacrer mon temps libre, que je réserve à la véritable raison qui me pousse à travailler pour les financer : mes passions.

    Dans le même genre que les films cités plus haut, je te recommande l’excellent Office Space : http://www.imdb.com/title/tt0151804/ ^^

    • 2 brotch
      septembre 26, 2009 à 11:32

      Personnellement, je suis capable de travailler beaucoup sur un cour laps de temps, genre une ou deux semaines, si un projet me motive particulièrement. Mais la plupart du temps je me contente de travailler 8-9h/jour. Je ne fais pas confiance à l’entreprise et refuse donc d’investir plus de temps et d’énergie pour elle, qu’il n’en faut pour être payé à la fin du mois. Je sais bien comment ça marche pour virer les gens, pour les muter, leur mettre des murs devant la tronche.

      Le travail n’a rien d’un lieu d’épanouissement ou d’accomplissement. C’est un passage obligé entre toi et la gamelle de bouffe. Point barre. On a tellement d’autre choses à faire que de s’emmerder dans un bureau…

      Quand à la vie sentimentale, j’ai eu suffisamment d’expériences pour savoir à quoi m’en tenir, quoi qu’en disent les quelques naïfs de l’Editotaku. Prises de têtes, incompréhension, dialogues de sourds, pression sociale et professionnelle, … De mon point de vue, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

      Je vais essayer de mettre la main sur Office Space, merci de la référence !

  2. 3 Orbas Redath
    septembre 26, 2009 à 11:39

    Excellent comme d’habitude, la suite logique du précédent…C’est brillant.

    j’ai hâte, ou pas, de finir ma formation herbivore pour rentrer en tant que tel dans le merveilleux monde de l’économie, hâte de me jeter dans un vortex broyeur de rêves pour en extraire sans fierté ni honte un S.M.I.C qui sera dépensé en denrées saine de toutes dégénérescences -Eh oui, quitte à être herbivore, autant faire les choses jusqu’au bout!- et autres nourritures spirituelles si la conjoncture le permet. Je ne détruirai pas mon bastion ni n’abandonnerai mon empire pour un néant aussi évident.
    Pas de honte à être méprisable aux yeux éteints des ruines humaines. La Passion et la Raison toujours feront briller les miens. Prout.

    • 4 brotch
      septembre 26, 2009 à 13:16

      Merci de ces commentaires réactifs et élogieux, alors que ça fait longtemps que je n’avais rien posté.

      Nous sommes dans un monde qui humilie les personnes en permanence, à travers une compétition sans cesse exacerbée et des évaluations destinées à nous diviser et à nous isoler. Ceux de nos aînées qui sont installés, qui ont « réussis » nous maintiennent actuellement dans un vide culturel, professionnel et social presque total, afin de nous rendre dociles et disponibles à l’accomplissement de leurs desseins, à l’augmentation de leur profit. On nous a dit, on nous montre chaque jour, que nous sommes de trop dans cette civilisation post-humaine, que si nous n’existions pas, non seulement on ne manquerait à personne, mais on laisserait une chance, une place, à quelqu’un d’autre. Ce n’est pas pour rien que de plus en plus de pays légalisent ou tolèrent le suicide assisté. La mort des autres devient une solution de salut pour notre économie prédatrice, et donc notre monde. C’est la politique des monstres.

      Si je peux ne pas travailler, si je peux vivre sans travailler, je le ferai. Parce que non seulement le travail ne participe pas à mon bonheur, mais il œuvre au contraire à la destruction de ce que je suis intimement, à l’annihilation de mon espérance profonde.

  3. 5 Tama
    septembre 27, 2009 à 19:11

    Ah si je suis la définition du terme « herbivore », je n’en suis plus très loin.
    Je remarque également que j’ai à peu près le même positionnement que toi vis à vis du travail et de la manière dont la société moderne traite ses membres.

    Je mettrai juste un (léger) bémol quant aux relations amoureuses scénarisées. Je ne nierai pas qu’elles sont aussi linéaires et stéréotypées qu’un mauvais RPG japonais, mais tu n’es pas obligé de suivre le déroulement que d’autres ont instauré comme « normal ».
    Après, il faut aussi que ta compagne fasse pareil, qu’elle ne suive pas le script, et ça, c’est beaucoup plus compliqué…

  4. septembre 29, 2009 à 23:32

    Un billet sympa mais trop compliqué.
    Travail -> €€€ -> logement + internet + goodies -> 🙂
    Plus simple.

  5. octobre 1, 2009 à 08:03

    Je suis chef de service en bibliothèque. La Bibliothèque, c’est le bien. Lenteur, prise de temps, aération de l’esprit, variété des tâches, créativité. C’est le taf herbivore par excellence. En bibliothèque, les gens (y compris les usagers, sauf les plus cons) prennent le temps, n’aiment pas faire face à un personnel stressé. Le public est exigeant, aussi laisse-t-il -parce que c’est un service culturel, parce que l’argent n’y est pas directement en jeu- au personnel le temps d’être créatif.
    C’est le job herbivore par excellence. Ayant aussi bossé dans un milieu soumis au stress et au client/pigeon-roi, je n’arrive toujours pas à comprendre le culte du résultat, qui, même quand il arrive à faire son putain de « chiffre » (et les actionnaires sont contents) n’a pour effet que de démotiver le personnel. Un personnel peu attaché à l’entreprise, malmené, déprimé, au final ça donne quoi ? Des magasins et des entreprises ternes aux prestations de plus en plus minables. Mon expérience a moi, c’était dans la grande surface culturelle. J’aurais été payé plus cher, avec une vraie marge de manoeuvre pour organiser mes rayonnages, je serais sans doute resté un an, et mon rayon aurait été magnifique. Au lieu de ça, j’en avais rien a foutre, je bâclais mon travail et je me suis barré au bout de quatre mois. Bad Tiems.
    Et c’est justement parce que je ne suis pas un révolutionnaire que je pense ça. Les révolutions, les changements brutaux, ça laisse toujours des gens sur le carreau. Et c’est exactement ce qui va se passer à terme dans une société d’homme machine et de clients déshumanisé et déshumanisants.
    Soit on arrête de traiter les gens en fantômes interchangeables, soit ça va craquer de partout. C’est déjà en train.

  6. octobre 1, 2009 à 15:40

    Il y a de ça quelques années (mais tant que ça) j’étais inscrit à fac. Je n’y mettais que rarement les pieds (pour X raisons, dont flemme, pour être honnête) mais j’ai tout de même eu la chance (sic) d’assister à quelques cours de macro économie.
    Je n’avais jamais fait d’économie et je dois dire que ça m’a dégouté. Limite, j’avais mal au ventre.

    A partir du moment où on a commencé à appliquer des formules mathématiques pour juger de la valeur d’une vie, on est parti sur une sale voie.
    Les profs ont beau expliquer vite fait que « oui, on sait, une vie humaine ce n’est pas que sa capacité de travail et le coût de cette dernière » ça n’empêche pas le message de passer. Humains = Chiffres.

    Pas étonnant que des gars créent des famines pour vendre leur blé (hohoho) plus cher avec ces méthodes. Pas étonnant que l’on encourage les gens à s’endetter pour gagner du pourcentage d’intérêt.

    En plus, ce qu’il y a de bien grâce à la forme actuelle de mondialisation c’est qu’il y aura toujours de la main d’œuvre payable au lance pierre. (Ce qui en plus est un bon facteur de « motivation » pour les « privilégiés » qui ne veulent pas perdre leurs acquis)

    Mon instinct me dit de faire des gosses, mais j’avoue que je me demande si c’est une si bonne idée.

    (J’avais juste besoin de cracher mon désespoir)

  7. 9 Orbas Redath
    octobre 2, 2009 à 11:47

    J’ai eu la même sensation de dégoût *sincère* lors de mes cours de management et d’économie que je suivais pour une formation d’assistant de gestion ( et même avant), cette façon de réduire l’individu en une simple ressource, une charge, un vecteur de croissance ou de régression dans le meilleur des cas, mais le pire devait être lorsque l’on faisait mention des valeurs de l’entreprise (justement brotch en parle dans son article suivant), qui n’existe que pour et à travers « l’image de marque », juste un déguisement. Je pense que c’est ce qui m’a fait quitter cette chose, après avoir remarquer à quel point on nous mécanisait. Naïf comme réaction au premier abord, naturelle et salvatrice avec du recul.

  8. 10 brotch
    octobre 2, 2009 à 14:00

    Réflexion intéressante : j’ai fait pas mal d’économie ainsi que de sociologie, tout au long de mes études. Et ces deux sciences dites « humaines » proposent une vision de l’homme et des sociétés dans lequel il évolue, passablement effrayante.

    Ces deux systèmes de pensées transforment la personne humaine en « 1 », que l’on accumule ou que l’on soustrait, que l’on perd dans des graphismes et des tableaux incompréhensibles. Quand les économistes appréhende le sujet-homme uniquement par le prisme réducteur de sa productivité et de sa consommation, la sociologie l’enferme dans des catégories, des schémas arrivistes infiniment réducteurs et jauge l’humanité à l’aune de quelques sondages niaiseux. Sans même parler de la croyance bourdieusienne de l’habitus, un pur déterminisme familial qui condamne la personne à rester, peu ou prou, dans la même logique et catégorie que ses parents.

    Quand on pense que c’est sur ces deux sciences que se fondent la plupart des décisions politiques qui orientent nos vies, effectivement, on est en droit de ressentir quelque dégoût.

  9. 11 Méta-Bernacle
    octobre 10, 2009 à 00:15

    Tu présentes l’apparition de l’herbivore comme le produit des « vilaines sociétés modernes aliénantes ». Mais, s’il n’y avait pas d’herbivores il y a 200 ans, c’est pour une raison très simple : ils n’arrivaient tout simplement pas à subsister. La société moderne est la seule qui leur permettent de « survivre » sans pour autant être forcés de s’adapter. De là, cracher sur la société, c’est un brin déplacé, non ?


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